Maudite fierté....

Maudite fierté....

Par littledoyouknow67

The Oldest and strongest emotion of mankind is fear, and the strongest kind of fear is fear of the unknown.

H.P Lovecraft.


Je ne saurais dire comment nous en étions arrivés là. Vraiment, c’était à n’y rien comprendre. Alors que je me perdais dans la profondeur de ton regard, ta main posée sur ma gorge, je soupirais.




Quelques heures plus tôt.

C’était une soirée des plus ordinaires. Je finissais le travail un peu plus tard que d’habitude et la journée avait été particulièrement difficile. L’année entière à vrai dire, avait été une grande source de stress. Ballottée entre mes examens, mon travail à mi-temps et des responsabilités de tutrice, j’avais fini l’année sur les rotules. Il était 21heure lorsque je poussais la porte de ce bar au coin de la rue, tendue comme un arc et déçue d’avoir vu mes amis se décommander à la dernière minute.
« Pour une fois que je sors », ais-je soupiré tout haut en toisant l’espace à la recherche d’un endroit discret où m’installer. J’aurais pu rentrer chez moi. J’aurais pu ne pas sortir et m’endormir devant un bon livre avec une tasse de chocolat chaud… j’aurais peut-être dû. C’est à petits pas peu assurés que je m’avançais au milieu de la pièce, tâchant de faire abstraction des regards qui se posaient sur moi. Le barman m’accueillit avec un sourire rassurant auquel je répondis. C’est fou ce qu’un simple sourire peut faire du bien.

«Bonsoir, qu’est-ce que je vous sert ? »
« Euhm, un Gin citron s’il vous plaît » , ais-je dit en prenant place sur un des hauts tabourets devant le comptoir. Fait de bois sombres et baigné d’une lumière tamisée, le décor était assez sobre, mais élégant. Le barman posa le verre devant moi, et je bus une gorgée en grimaçant un peu. J’ôtais mon mentau, Je me détendis un peu avant d’extirper un livre de mon sac, eh oui les habitudes…
Quelques minutes plus tard, j’étais si plongée dans ma lecture que je ne t’entendis pas arriver. Tu as tiré le tabouret à ma gauche et tu as commandé quelque-chose. Je ne saurais dire quoi. En revanche je me souviens avoir interrompu ma lecture au son de ta voix. J’ai repris là où j’en étais restée, un peu moins concentrée, tandis qu’une de mes oreilles écoutait les plaisanteries que tu échangeais avec le barman. Avant-même que je m’en rende compte, tu avais accaparé toute mon attention. Lentement, je jetai un coup d’œil par-dessus le livre, inquiète et curieuse de découvrir à qui pouvait bien appartenir cette voix si douce et si profonde. C’est là que nos regards se croisèrent. Un petit quelque-chose s’est serré au creux de mon ventre. Gênée, je disparu à nouveau derrière le livre. Tu as été d’une courtoisie exemplaire. Sans chercher le moins du monde à m’importuner tu as vaqué à tes occupations en silence. Pourtant j’étais incapable de reprendre ma lecture. Ce livre que je trouvais si passionnant n’était devenu guère plus qu’un refuge pour me dérober à ton regard. C’était furieusement embarrassant. Agacée par ma gêne, je rangeais le livre pour boire une gorgée de gin. Mes mains tripotaient nerveusement le verre tandis que je te voyais jeter de petits coups d’œil dans ma direction.

« J’ai l’impression de vous avoir interrompue » as-tu dit d’un ton mi amusé mi désolé.
Je souris. « ne vous en faites pas, je n’étais pas vraiment concentrée de toute façon. » Mentis-je un peu, en me redressant sur mon siège.
« Dure journée? »
« C’est un euphémisme » Soupirais-je en te regardant d’un peu plus près.
« Puis-je vous offrir un verre ? »
« Ça n’est pas dans mes habitudes mais…pourquoi pas. C’est gentil, merci »
Ce fut le début d’une longue et charmante conversation. Je ne sais plus combien de temps nous avons bavassé ainsi, de tout et de rien, comme si nous nous connaissions depuis toujours. C’était agréable, sans lourdeur, sans gène inopportune. Au bout d’un moment, tu t’es rapproché de moi. La tête me tournait un peu, il faut dire que je ne tiens pas vraiment l’alcool. J’ai aimé te sentir près de moi. Tu avais une sorte d’aura rassurante et calme… comme ta voix. Ils passaient un drôle de remix de Radiohead et je me souviens que la musique est soudain devenue beaucoup plus diffuse. J’étais obnubilée par tes lèvres, suspendue au son de ta voix, et je me sentais si légère… trop légère. Au bout d’un moment tu t’es arrêté de parler, et tu m’as fixée du regard. Était-ce mon cou que tu regardais ? ou bien l’épaule que dévoilait ma robe ? J’ai retenu ma respiration lorsque tu tourna tes yeux vers les miens. J’ai détesté cette sensation. Je me suis sentie si prise au piège, si vulnérable.

« Voulez-vous venir chez-moi ? » as-tu diligemment demandé. Je crois que c’est à ce moment précis que tout est allé de travers. J’aurais pu prendre mon livre, régler ma consommation et m’en aller en déclinant poliment ta proposition. J’aurais pu être honnête envers moi-même te dire que oui j’en avais envie. Mais va savoir pourquoi, mon cerveau a décidé de ne pas choisir. Je suis restée là, à te fixer stupidement, incapable d’ouvrir la bouche. J’entendais mon cœur me rompre les côtes et ma respiration devenir saccadée lorsque prenant mon attitude pour l’invitation que mon corps tout entier suggérait, tu posa tes lèvres sur les miennes.
Surprise par ton geste et paniquée je te repoussais violement. Ce n’est que quand j’ai vu ton regard courroucé et que j’ai senti la paume de ma main me brûler que j’ai compris t’avoir giflé. C’était un réflexe idiot. Et bien évidemment je l’ai tout de suite regretté. Non mais franchement c’est quoi cette réaction ?! J’étais mortifiée et si désolée lorsque je relevais les yeux vers toi. J’aurais pu m’excuser, j’aurais dû m’excuser. Mais la froideur de ton regard me coupa le souffle. Comme si j’avais plongé dans de l’eau glacée, tout l’air s’était échappé de mes poumons et j’étais incapable de parler. Je sentais mon corps se tendre, sur la défensive alors que tu fis un pas vers moi. Je reculais un peu.

« Viens avec moi. » as-tu dit. Ou plutôt ordonné. J’aurais pu refuser, après tout nous étions dans un lieu public. J’aurais pu prendre mon mentaux et m’enfuir à toutes jambes. Mais une partie de moi ne pouvait s’empêcher de se demander ce que tu comptais faire. J’avais envie de savoir… et puis je ne m’étais pas bien comporté… tu avais été si poli.
« Ce n’est pas une question » dis-tu plus sèchement. Hésitante, je te suivis. Tu m’emmenas sans mot dire jusqu’à ta voiture garée au coin de la rue adjacente. Il faisait frais et je frissonnais un peu. Mais était-ce vraiment à cause du froid ? Je te regardais ouvrir la portière arrière et me faire signe de monter. Je ne bougeais pas.
« Monte tout de suite. » Voyant la réticence sur mon visage, tu insistas. « Je te conseille de ne pas éprouver davantage ma patience. MONTE. Je ne t’emmènerais pas chez moi ne t’en fais pas. » Là encore j’aurais pu rebrousser chemin. Mais j’obéis, et montai dans la voiture. À ma grande surprise tu montas à ma suite et ferma la portière derrière nous.
« Tu es consciente de l’inconséquence de ton attitude ? » Oui, bien évidemment, pensais-je, je ne sais pas ce qui m’a pris. Je suis désolée…

« C’est vous qui m’avez embrassée sans prévenir ! » dis-je.
« Vous auriez pu vous reculer, ou décliner poliment, mais visiblement ce n’est pas la politesse qui vous étouffe. » Oui, vous avez raison, je suis profondément désolée, dit la petite voix dans ma tête. Tout mon corps était tendu, sur la défensive.
« Vous avez de la chance que ça n’ait été qu’une gifle ! » Ripostais-je vertement. Je regrettais immédiatement ces paroles devant ton expression.

« Je voulais vous laisser une chance de vous excuser, dis-tu, d’une voix calme et tranchante. Ce après quoi je me serais excusé moi aussi et nous nous serions quittés bons amis. Mais là c’en est trop » et sans plus de ménagement tu pris mon poignet et m’attira sur tes genoux d’un geste brusque. Surprise je m’affalais en travers de tes cuisses, une main bloquée dans le dos, sentant ta jambe passer au-dessus des miennes.
La première claque me prise de court. Puis elles se mirent à pleuvoir sur mes fesses avec une force inouïe.
« Mais lâchez-moi malotru ! » criais-je, tentant de me débattre.
« N’y comptez-pas, vous allez recevoir cette punition dignement et en silence. Ça vous apprendra à vous comporter comme une sauvage » imperturbable, tu poncture chaque mot avec une claque plus sévère que la précédente. Frustrée je me tais et tente de me libérer de ton emprise. S’il croit que je vais le supplier, l’enfoiré il peut aller se faire voir, pensais-je en me mordant la lèvre pour encaisser la douleur cuisante. J’avais chaud, mes cheveux étaient en bataille et tu continuais ton traitement sans pitié. Au bout d’un moment qui parut une éternité les claques cessèrent. Mais le répit fut de courte durée. Un vent de panique me saisit quand je senti ta main remonter ma robe.
« Nan, mais ça ne va pas ? lâchez-moi immédiatement » Non mais il se prend pour qui ?!!!pensais-je outré et humiliée.
« Visiblement la manière douce ça ne fonctionne pas. Vous voulez vous entêter, libre à vous. Vous ferez moins la maligne une fois que j’aurais baissé votre petite culotte. »
« Si vous croyez que je vais céder vous rêvez » Si tu arrêtais de le chercher aussi…
« Comme vous voulez, j’ai tout mon temps » Dis-tu joyeusement en glissant ton pousse sous l’élastique de ma culotte en dentelle. J’allais rétorquer quelque-chose lorsque ta main s’abattit bien à plat sur mon postérieur nu déjà bien éprouvé, m’arrachant un cri.
« En silence, j’ai dit ! » dis-tu en claquant plus fort. Ça dura un moment, jusqu’à ce que comprimée par la douleur, le stress, et la tension, j’éclate en sanglot devant mon impuissance. Tu cessas alors le supplice pour me caresser gentiment les cheveux. Nous restâmes ainsi jusqu’à ce que mes sanglots cessent et que le silence de la nuit nous enveloppe. Il y avait de la buée partout sur les vitres et j’étais en sueur. Je me redressais, et tu me laissas faire, sans t’y opposer. Je me retournais vers toi, le regard courroucé. Si j’avais pu je t’aurais giflé une seconde fois. Mais j’étais épuisée, et d'une certaine manière, appaisée.

« Je vous déteste » murmurais-je.
« Pas moi. Je vous trouve charmante comme ça »
Une partie de moi avait furieusement envie de t'insulter. Et pourtant…
« Je suis désolée pour la gifle… je… ne sais pas ce qui m’a pris je n’aurais pas dû. Je ne voulais pas… »
« Je sais, n’en parlons plus. Moi aussi je suis désolé, je me suis emporté un peu loin, même si vous l'avez mérité. »
Je restais en silence la tête baissée, morte de honte. D’un geste délicat tu releva ma tête, plongeant tes yeux dans les miens. Tu m’embrassas en me tirant à toi, et cette fois je ne resistais pas. Je m’assis sur tes genoux en grimaçant un peu. Je crois bien que de ma vie je n’avais jamais autant désiré quelqu’un. A mon corps défendant, tu interrompis le baiser et posa une main sur ma gorge, caressant cette ligne plongeante entre mes seins.
« Je vous raccompagne ? » Demandas-tu calmement, plongeant tes doigts à l’intérieur de moi.
« Je vous en prie... non »…. Tu souris.