L'apprenti poète fesse sa maîtresse poétesse

L'apprenti poète fesse sa maîtresse poétesse

Par charliespankered

Elle aimait la poésie, en lire, en dire, en écrire.
Elle aime encore et toujours, mais nos relations se sont hélas relâchées ; son goût pour la poésie n'a plus pour moi la même résonance, et cette belle histoire appartient maintenant au passé, quand ma main avait gentiment sonné sur ses fesses.
Elle m' y avait incité, provoqué, la coquine, avait levé la chape de mes appréhensions  et réticences ; et certainement levé aussi les siennes, recevant de ma main sa première fessée à l'âge de quarante-huit ans, et j'en avait cinquante-quatre.
Après quelques jeux avec une amie vers mes vingt-deux ans et au retour d'un séjour à Londres, c'étaient les « spanking reviews » étalées sans gêne à la vue des passants qui avaient alors joué le rôle de catalyseurs, la fessée était redevenue un fantasme, j 'y avais renoncé.
Puis vers mes vingt-six ans mon épouse se mit à me la donner, mais n'acceptant pas de recevoir.
C'est certainement et au moins en partie ce qui, lié à d'autres manques a pu m'inciter à retrouver cette personne lors de son retour depuis l'outre-mer. Nous correspondions par courriels pendant son absence de façon espacée mais régulière, elle m'envoyait de belles photos, nous échangions question musique, poésie.
Son premier clin d' œil vers la fessée après son retour en métropole sera de m'informer ces courses poursuites du lundi de Pâques dans les rues de Prague, en m'incitant à préparer un fouet comme ceux dont se servent les jeunes hommes tchèques sur les fesses des jeunes filles et à venir la rejoindre muni de cet engin.
Peu habile pour ce qui est des travaux manuels j'ai cependant accepté l'invitation à dîner mais muni de ce petit livre d'humour tchèque, « trains sous hautes surveillance », et l'ayant informée que l'adaptation cinématographique comporte une scène de ...fessée ! au tampon encreur !
C'était bien parti !
Déclamatrice de talent, elle le lut à haute voix.
La relation s'installait, accélérant la fin de mon mariage, mais c'est là une autre histoire.

« Je n'ai jamais reçu de fessée », me fit-elle savoir lors d'une conversation au téléphone. Je me gardai bien de lui en annoncer directement mon intention de mettre fin à cet état de fait mais je lui envoyai dans les jours qui suivirent un petit texte sous forme poétique qui entre autres jouait sur les variations de sens entre « sacrée fessée » et  « fessée sacrée », et à mon avis tellement mauvais que je n'ai pas cru bon de l'enregistrer, de l'archiver.
Il était aussi question de l'audace qui pouvait présider à une fessée administrée sur peau nue, et c'était suggéré comme un plus, pas comme une pratique systématique.
Mais elle fut enchantée, me félicita, considérant que l'élève avait dépassé le maître : la maîtresse , en l'occurrence, devenue ma maîtresse.
Cela faisait un peu « haïku », aussi, avec l'avantage d'être bref ; mais, alors amoureuse, tout ce qui venait de moi lui plaisait fort.
Et l'été arrivant la voici, par un bel après-midi et la chaleur aidant, nue dans son appartement ; moi, je ne sais plus, mais elle, oui, nue et bien nue.
Et mon chef d'œuvre devant être immortalisé sur papier, même si ce sera par la suite perdu, la voici, nue, à côté l'imprimante qui vient de délivrer son précieux travail, et, riant, aux anges, lit mes lignes à haute claire et intelligible voix.
C'est un petit appartement, nous sommes dans une pièce qui lui sert de bureau et de chambre.
Je me lève tranquillement du lit où j'avais dû commencer une petite sieste, et je la prends sous mon bras.
Pas besoin de l'audace de la mise à nu : c'est déjà fait !
Elle se laisse administrer avec une ferme mais douce complicité sa première fessée.