La prof, sa fille, Rousseau et moi

La prof, sa fille, Rousseau et moi

Par charliespankered

Ma scolarité au lycée se passait plutôt bien  : un groupe classe motivé, une bonne ambiance tout en restant studieux, des professeurs sachant nous mettre en confiance, et les cours de français étaient plutôt vivants. Les auteurs se trouvaient dépoussiérés, redevenaient des humains avec leur vécu, leurs préoccupations, même si leur langue et c'est une ouverture que de découvrir autre chose n'est pas celle de la vie de tous les jours d'un lycéen ; un peu de subtilité, de profondeur ; et je courtisais la fille de la prof de français , d'une autre classe, ce qui est préférable, mais nous nous retrouvions aux pauses, certains mercredis au cinéma, lors de quelques soirées dans l'année scolaire.

Si il fut un auteur qui allait me devenir proche, ce fut Rousseau : Rousseau racontant sa vie, ce qui formulé ainsi n'est pas engageant, Rousseau se confiant en écrivant« les confessions ». Et est-ce qu'à peine âgés de plus de seize ans nous ne nous racontions entre lycéens pas notre vie ? Nos aventures ? mésaventures ?

Je ne fus pas le seul à ressentir quelque gêne de la prof lors de la séance consacrée au chapitre trois du livre premier ; on peut se demander pourquoi ce passage est devenu un incontournable, et à l'heure où tant de soupçons pèsent sur les enseignants ; or voilà qu'ils sont amenés à expliciter les périphrases de ce texte, Rousseau ne nommant pas directement les choses.
Nous percevions le trouble de la prof, sa belle assurance habituelle se perdant dans une voix cherchant à gérer une émotion perceptible ; et elle n'avait visiblement pas envie de s'attarder sur ce texte. Une fille plutôt délurée, à l'extérieur du lycée, laissa cette fois sa verve s'exercer en plein cours, posa des questions, faisant certainement semblant de ne pas comprendre, et un gars tout de même pas bien dégrossi répliqua en proposant à cette camarade la retrouver après les cours , ce qui me fit perdre ma contenance dans un grand éclat de rire ; un chahut, chose inhabituelle pour cette classe, s'amorçait. La prof, et c'était tout aussi inhabituel, partit précipitamment à la fin de la séance. Mais nous fûmes tous trois convoqués pour un entretien avec cette prof.

C'était une pratique de ce lycée, cela se faisait sous l'égide du conseiller principal d'éducation, et en général évitait les sanctions.
La fille affichait sa désinvolture en attendant dans le couloir, se demandant, en repensant au texte, si nous allions recevoir la fessée, comment il y serait procédé, dans quel ordre nous allions y passer…laissait entendre et nantie d'on ne sait quelle expérience que, comme dans le texte, « ce n'est pas si redoutable ».
Le gars qui avait fait le fier l'était moins, craignant et certainement outre mesure pour la suite de sa scolarité, il en aurait fallu plus pour être exclu.
Pour ma part je me sentais gêné d'avoir été entraîné et incité à m'esclaffer ; cela m'était déjà arrivé, dans les petites classes, de me retrouver à rire en première ligne alors que celui qui avait fait le pitre dans le dos du maître avait su à temps reprendre son innocente attitude.
Et la prof savait ce qu'il en était, pour moi et sa fille, et je ne m'étais pas montré à mon avantage : plutôt nigaud, que malfaisant. Il ne me restait qu' à espérer que sa discrétion professionnelle l'amène à ne pas rendre compte de cela chez elle.

La prof nous incita à plus de maturité, : si il nous prenait de ricaner ainsi à chaque évocation de ce qui évoque la sexualité nous n'avions pas fini, et que nous passerions pour des rustres et des malappris.
La fille, quelque peu pernicieuse mais revenue à une certaine finesse l'interrogea sur ce qu'elle pensait de cette pratique tentée par Mlle Lambercier pour, en vain, calmer le jeune Rousseau. Il n'était pas encore question des actuelles lois et la réponse fut que cela regardait chacun ; la prof ne tenait pas à répondre en personne, mais fit valoir non sans un certain humour que comme présentement le dialogue restait la base.
Elle avait mieux que nous perçu que ce texte ne laissait pas la prof indifférente : un passé semblable à celui de Rousseau ?
« Tu demanderas à sa fille ce qu'il en est », me suggéra-t-elle, incorrigible, après l'entretien, « tu demanderas si c'est sévère, chez eux ».
Je m' y voyais mal !

La vie scolaire reprit son cours habituel, et après le bac je me retrouvais à étudier, et pas dans la même ville que la fille de la prof. Tous les deux désormais majeurs nous restions tout de même sous la coupe de nos parents, et elle, surtout de sa mère, suite à un divorce.
Les samedis dimanches nous rentrions à la maison. Le dimanche matin je pris l'habitude de passer chercher mon amie, les liens s'étaient resserrés, pour faire une marche en forêt.
Mais voici que, encore immature malgré mes presque dix-neuf ans, je me laissais entraîner un samedi soir de ces débuts d'année universitaire dans une sortie au bar, et eus du mal à me réveiller et lever le dimanche.
C'était ce qu'on appelle un été indien, et la sortie en forêt ...aurait été très belle ! Mais me présentant avec un retard conséquent il n'en était plus question. Ce fut la mère qui, mécontente, m'ouvrit, et comprit à ma tête ce qu'il en était.
Je n'avais pas tant bu, mais, et tant mieux, peu habitué,je me remettais à peine. J'aurais dû me contenter d'un verre, mais dans l'ambiance factice de ces soirées, on ne reste pas à regarder les autres, sinon on s'ennuie profondément : ou on rentre, ce que j'aurais dû faire.
Cela, ma prof, mon ancienne prof, le comprit tout de suite, et avait même anticipé le peu d'explications que je lui donnai.

« Tu n'es qu'un gamin : et un vilain gamin !
-Et ...Élodie ? Euh...où est-elle ?
-Dans sa chambre, très contrariée, elle t'a attendu, se faisait une joie par ce beau temps de cette promenade en forêt, est montée...tu ne devrais pas la voir ce matin...
-Je suis désolé…
-Elle aussi ! Et moi aussi ! Et tu lui as manqué de respect. Tu n'es qu'un vilain gamin ! qui va boire dans un bar ! Tes parents sont au courant ?
-Non…
-Tu as su le leur cacher ! Mais tu ne vas pas t'en tirer comme ça !
-Vous allez le leur dire ?
-Ce serait plutôt à toi de le faire ! En ce qui me concerne, je ne peux ni ne dois laisser impuni cet affront fait à ma fille. Mes mains me démangent et je me sens une âme de Mademoiselle Lambercier ! Tu te souviens ?
-Et comment donc ! »
Mais je riais jaune.
« Le dialogue est la base, aviez-vous expliqué.
- Oui, mais quand la base ne suffit plus, vient le temps de couper court aux explications et de passer à l'action. Et j'ai un déjeuner à préparer. »

Grande belle femme svelte, d'allure sportive, c'est avec élégance qu'elle déplaça une chaise pour la placer au milieu de la pièce.
Une fois assise elle m'annonça que me comportant comme un enfant j'allais subir le châtiment des enfants, et qu'il n'était pas question que quelque partie de mon habillement ne vienne adoucir la vigueur de la correction.
« Et quand on lit bien Rousseau, le signe perçu par Mlle Lambercier, pour être visible, indique bien la tenue vestimentaire, nécessitant quelque préparatifs, et qui va bientôt être la tienne.
Et au chapitre sept , moins connu,Rousseau vers ses dix-sept ans se remémorant l'épisode exhibe devant de jeunes filles du village non pas l'objet honteux, mais l'objet ridicule.
Tu vas l'être, ridicule, crois-moi. Approche donc. »
Je n'ai pas trop eu le choix ! Et j'étais curieux, aussi .J'allais faire la même découverte que Rousseau, avec une dizaine d'années de décalage, et un peu plus pour ce qui est de la femme qui allait officier de sa main.
Main habile à dégrafer mon pantalon,tranquillement abaissé alors que je restais debout devant elle : plutôt nigaud !
« Je ne veux voir que l'objet ridicule...allonge toi en travers de mes cuisses. »
Et c'est une fois adoptée cette position qu'elle finit de me déculotter.
Ça envoie ! sérieusement !
J'ai au début surtout honte, puis comme si je sortais d'un état d'hébétude, je me mets à avoir bien mal : ça claque, ça pique.
Je commence à gigoter, à me trémousser, et en travers de ses cuisses, elle est en jupe et sans collants en cette saison encore chaude,elle ne devrait pas tarder à percevoir ce qu'elle ne veut pas voir et, comme un bouquet final, assène sur le haut des cuisses les derniers impacts, calmant par la douleur toute dérive possible vers un plaisir.
Puis elle m'ordonne de me relever et d'aller réfléchir dans l'angle mural : au coin ! Ce qui ne figure pas dans Rousseau !
Sans me demander ce qu'elle voit, ne voit pas, je vais m'y placer.

« Ah, ma fille descend, elle va sans doute mieux. Remonte donc ce sous-vêtement ! »

Je ne me fais pas prier.

« Tiens donc, Olivier ! Qui a reçu la fessée ? par-dessus le slip ?  C'est trop gentil .
-Ma chère fille c'est en t'entendant descendre que je l'ai incité, même si cela aurait pu lui plaire, à ne pas te montrer la surface corrigée et à faire l'inverse du moment suprême d'une belle correction.
- Je me disais bien, au son, que c'était à nu. Il est quand même drôle, pantalon baissé ! 
-Il va aussi le remonter pour rentrer chez lui, chez ses parents. Et si il recommence à te manquer de respect, tu seras spectatrice, ma fille, de la correction que je ne manquerai pas de lui infliger, et qui pourrait être encore plus sévère !
-Aux instruments ?
-N'anticipons pas. Si à l'heure du thé il a fini de digérer ses bières d'hier soir, il peut repasser  nous voir ; et un autre dimanche nous pourrions même l'inviter à déjeuner, mais qu'il soit à l'heure, le chenapan, le garnement. »

Je me suis réajusté et ai filé, les saluant poliment, et marmonnant un « peut-être à ce soir ».