Aurélie ou l'heure du coach (2)

Aurélie ou l'heure du coach (2)

Par flexible69

La suite se déroula très rapidement. On était déjà en novembre et l'année était bien entamée, il y avait urgence. Le coach s'appelait Jacques. Elle eut un premier contact avec lui au téléphone, le soir même. Le ton de sa voix lui parut chaleureux. Il voulait la voir rapidement mais chez elle, pour se rendre compte de sa situation dans son ensemble. Le rendez-vous fut donc fixé pour le lendemain lundi à seize heure trente, ils étaient libres tous les deux.

Pour Aurélie cette soudaine décision la remplissait d'angoisse, mais au moins cette angoisse la mènerait quelque part. Il fallait qu'elle sorte de cette situation qui la conduisait au pire et cette alternative pour le moins inattendue se révélait être l'aubaine que finalement elle attendait secrètement. Sous le contrôle impitoyable d'un tuteur, le travail ne lui faisait plus peur car elle se sentirait à la fois guidée et serrée de près.Elle allait enfin employer les grands moyens pour lutter contre sa paresse naturelle, sa procrastination envahissante et s'investir comme le lui demandais son père, même le prix à payer qui lui arracherait quelques larmes.

 Mais que dire de ces terribles fessées qui la menaceraient bientôt, car elle savait que tôt oh tard elle n'y échapperait pas ? Et bien son défi serait justement d'y échapper en se livrant corps et âme à son travail. Mais les supporterait-elle ? Bien sûr, elle en avait déjà reçu quelques unes dans son enfance bien que cela n'avait absolument rien de comparable avec ce qu'elle avait observé chez Sonia. Il y avait là un côté qui l'effrayait, mais après tout si tant d'autres les supportaient pourquoi pas elle ? Si les quelques bonnes fessées qui l'attendaient devenaient cette clé qui la débloquerait et lui permettrait d'affronter ses études et accéder aux métiers dignes d’elle , alors il n'y avait plus à hésiter.
Et puis Sonia finalement avait l'air de les prendre avec une certaine ironie. Il fallait se blinder pour la bonne cause, voilà tout !

Le lundi arriva et Jacques sonna à l'heure précise du rendez-vous. Elle ouvrit sa porte non sans éprouver un haut-le-cœur. C'est un garçon décidé qui se présenta, bien habillé, son allure, sa façon d'être et de parler lui plaisait. Plus grand et plus âgé qu'elle de quelques bonnes années, peut être une dizaine, il en imposait. Il lui fit tout de suite une forte impression, Sonia avait donc raison.

Il accepta naturellement le café qu'elle lui proposa. Ils discutèrent un moment, d'abord un peu de tout et de rien, puis de loisir, de musique et de cinéma, ils se trouvèrent même un certain nombre de points communs. Il semblait en plus avoir un sens de l'humour qui ressemblait au sien. Ils pourraient aisément passer du temps ensemble rien qu'à discuter et pourquoi pas se voir dans d’autres circonstances. C'était plutôt rassurant.

Puis finalement il y eut ce :

- Bon, on y va ?
 
Il prononça cette phrase en la fixant des yeux. Son regard était clair et pénétrant, comme s'il voyait en elle, c'était troublant.
Les paroles de Sonia lui revinrent tout de suite : "Pour le travail il est sans pitié !". Effectivement sous ces allures débordantes et plutôt enjouées elle sentait que le ton changeait et dévoilait celui qui savait ou il devait aller, ne perdait jamais de temps et ne ferait pas de concession. Ça l'impressionnait, c'était bien ce qu'il lui fallait.

Il lui présenta son parcours universitaire. Au départ il avait suivi le même cursus que celui d' Aurélie et le maîtrisait parfaitement. Puis ayant terminé son master, par curiosité et son besoin de compléter ses bagages il s'était tourné vers d'autres horizons. Grâce à diverses équivalences il en avait passé sur deux autres et se tournait maintenant vers la philo. Son objectif était de se diriger vers l'enseignement et l'écriture. Aurélie était impressionnée.
Il pratiquait le coaching depuis maintenant quatre ans pour des raisons personnelles et aussi le fait que cela l'aidait à se préparer au métier d'enseignant. Lui même avait été très bien coaché durant un an ce qui l'avait beaucoup aidé par la suite..


Ensuite il la fit parler. Il semblait vouloir tout savoir d'elle : son passé, ses parents, sa personnalité, ses défauts, ses objectifs, les problèmes qu'elle rencontrait autant dans sa scolarité que dans ses relations avec les autres. Il en arrivait même poser des questions assez intimes auxquelles Aurélie n'éprouva aucune gêne à répondre. Puis ils abordèrent la menace de son père de lui couper les vivres, son avertissement à la fac, les problèmes liés à l'autorité avec laquelle elle se sentait mal à l'aise et qu'elle avait tendance à rejeter, et enfin de ses dérives.

Ensuite il voulu examiner son travail, la questionna sur ses connaissances, ses carences, fit le tour d'horizon de son emploi du temps.

- Bon il y a du pain sur la planche je te préviens. Mais c'est un défit qui me paraît jouable !

D'abord je dois t'avertir que je suis très exigeant sur le travail mais aussi et sur le mode de vie J'exige une parfaite droiture, pas d'entourloupe par derrière. Si tu te conduis correctement et tu donnes le meilleurs de toi alors tout ira bien. Si tu me joue des tours ou te relâches tu auras affaire à moi. Et si tu ne supporte pas mon intrusions dans ta vie ou mon autorité, alors nous abandonnerons la partie. Mais dis toi bien qu'avec moi tout abandon sera définitif. Ne compte pas me rappeler au bout d'une semaine parce que ta situation a empirée et que tu te trouves complètement enterrée. Ce sera un NIET catégorique.

Nous serons en relation au moins une fois par jour sur internet. Je vérifierai ta progression quotidiennement ou presque. Je serais la pour t'aider, aucun doute de ton côté ne doit subsister, aucune question n'est idiote bien au contraire et quand on est bien tenu c'est avec les erreurs qu'on avance.

 Nous essaierons de nous rencontrer une fois par semaine, pour faire le point, travailler sur tes lacunes et bien sûr administrer les éventuelles punitions.

A ce propos les sanctions peuvent varier : recommencer un travail plusieurs fois jusqu'à qu'il soit disons un minimum correct, sinon parfait, devoir en faire de nouveaux que je je t'aurai choisis. Mais aussi faire des lignes, aller au coin, et surtout recevoir des fessées. Cette méthode est reconnue comme étant de loin la plus efficace. C'est quand on est marqué dans sa chair et qu'on sent d'autres menaces peser sur soi qu'on réagit le plus efficacement.
Les fessées n'auront qu'un caractère punitif et n'ont de raison d'être que si elles sont méritées. Je les donne manuellement mais surtout avec des instruments. Elles sont sévères mais efficaces. Crois moi que tu apprendras à les craindre. Mais elles seront toujours justes et adaptées à chaque situation et te feront avancer. Elle se donnent déculottées et parfois entièrement nue, mais jamais de sexe entre nous. Et pas question de tomber amoureuse, tout épanchement mettrait immédiatement fin à notre relation.

Côté pratique je prends dès aujourd’hui contrôle à distance sur ton ordinateur et ton téléphone afin t'éviter les distractions. Le soir à partir de onze heure extinction des feux. Le sommeil joue un rôle très important dans tout apprentissage. Il n'y a que le dimanche qui te sera laissé libre, mais si tout va bien seulement.

Puis il se leva et fit l'inspection des lieux. Il parcouru le studio dans tous ses recoins.

- J'exige une hygiène parfaite et de l'ordre, c'est fondamentale pour l'esprit et donc pour le travail. Bien franchement tu as l'air désordonnée pour ne pas dire bordélique, c'est déjà un mauvais point qu'il va falloir corriger. J'inspecterai régulièrement ton studio.

En ouvrant un placard il tomba sur un pack de bière et une bouteille de vodka, vestige oublié d'une soirée avec ses copains.

Ça, tu t'en débarrasses dans les plus brefs délais, plus d'alcool dans ta vie, et ce jusqu'à nouvel ordre.

Puis il lui demanda son téléphone portable pour y installer quelques applications. Il en fit de même sur son ordinateur.

Ta vie privée et sentimentale ne m'intéresse pas, mais je ne veux pas que tu te laisse détourner de tes objectifs. Dis toi que pendant toute une période tu vas vivre comme en pension, mais une pension très stricte, pratiquement même comme à l'armée. Je serais toujours derrière toi pour te contrôler. Il n’y aura que peu de moment de relâche.

Cela faisait beaucoup pour Aurélie qui se senti soudain complètement dépossédée de son autonomie et sa liberté comptait tant pour elle , il lui faudra serrer les poing, et cela plus vite qu'elle ne l'avait souhaité.

Ensuite Il lui indiqua ce qu'elle devrait faire durant cette première semaine de prise en main, en fonction de son travail de fac le plus urgent mais aussi du travail à réaliser pour lui. Il voulait dans un premier temps se rendre compte de ses capacités selon ses propres critères. Les vacances de Noël seront réservées au révisions dont elle avait un besoin urgent, elle n'aurait droit qu'à un un ou deux jours pour retourner chez ses parents.

« Et tous les manquements seront comptabilisés selon un système de points. Chaque point servira à définir les fessées avec sans instruments en fonction d'un barème précis que je te communiquerai. Le suivi sera reporté sur un tableau auquel tu auras accès. Mais cela ne m'empêchera pas de t'en administrer en supplément si je le juge nécessaire. Aujourd'hui, pour ton suivi nous partons de zéro. Malgré tout il y a quelque chose qui me pèse... C’est cet avertissement que tu as reçu à la fac !

- Oui mais ça c'était avant !

- Je l'entends bien mais quand même c'est quelque chose de particulièrement grave, je ne peux pas laisser passer ça. Nous devons débuter autant que possible sur des bases saines. Je dois m'assurer que tu n'aies pas la mauvaise idée de recommencer.

Le cœur d’Aurélie commença à chavirer.

- Mais je ne recommencerai plus. Je me sentais mal, tu sais. Et maintenant que je sais que je peux être punie, je n'aurais pas envie de recommencer.

- Mais tu n'as pas vraiment payé de ta personne. Quand on fait une promesse et qu'on sait réellement ce que peut nous coûter son abandon, nous nous contrôlons bien d'avantage. Si les conséquences restent abstraites, en général nous fléchissons. Dans le cas d’un avertissement une récidive deviendrait problématique pour ton avenir. Et vu ta personnalité, je crois qu'une bonne leçon dès le départ ne pourra que t'aider à te mettre sur la bonne voie. Aujourd'hui je n'ai pas le temps de régler cela avec toi mais je propose que notre prochain rendez-vous de travail ait lieu samedi prochain. Le matin je m'occuperai de Sonia et en début d'après midi nous aurons notre première séance. En attendant chaque soir j'interviendrais sur le net pour te guider et te contrôler.

Aurélie se sentait blêmir. Elle restait interloquée.

- Alors.... donc je vais me prendre une fessée samedi, quoiqu'il en soit ?

- N'est ce pas ce que je viens de te dire ? Tu en auras au moins une et proportionnée à cet avertissement. Mais en fonction de ton comportement il pourrais y en avoir d'autres, n'oublie jamais cela !
Et encore une question Aurélie, en as tu déjà reçue, je parle des fessées ou d'autres punitions et si oui pourquoi ?

- Oui, il y a longtemps quand j'étais petite mais c'était léger quand même et une ou deux fois. Je faisais des histoires et beaucoup de caprices. Il y a eu des privations des fois aussi, des confiscations mais ça n’allait jamais loin. Je dois reconnaître que je n'ai pas été facile du tout, j'ai donné pas mal de fil à retordre à mes parents. Je l'avoue, je crois que j'ai été souvent une sale gosse.

Il l'observa comme s'il lisait en elle.

- Ils ont certainement été trop laxistes et surtout sans te suivre de près comme tu en aurais eu besoin, c'est un problème courant à notre époque. Mais je suis certain que d'ici quelques temps ils ne ne te reconnaîtront pas. Ils vont découvrir en toi la fille charmante et obéissante qu'ils ont sûrement rêvé d'avoir. Mais réalise surtout que ce que tu vas gagner ! Avec cette méthode tu vas te constituer un acquis de première importance sur ta façon d’être et de te comporter. Et cela entraînera des conséquences positives sur tout le reste, tu te sentiras mieux et surtout tu pourras aborder ton avenir sérieusement, quoique tu décides de faire de ta vie ! Non seulement tu vas rattraper ton retard d'un point de vu éducatif mais tu seras capable de te réaliser telle que tu le mérites. Ce n’était pas le cas jusqu’à présent.

Bon, il est temps, je dois filer.


(à suivre)