Au rayon animalerie

Au rayon animalerie

Par charliespankered

Bagarres au supermarché ! En pleine crise sanitaire, et pour du papier toilette ! Stocks dévalisés, on serait prêt à s' entre tuer pour les derniers rouleaux restant.
Ça, c'est connu, et on dispose de vidéos sur Facebook.

Moins connu, et on regrette de ne pas disposer de vidéo, et dans une moyenne ville de province : au rayon animalerie, et pour des croquettes !

« J'étais là avant toi !
-C'est pas une raison, mon chat a le droit de manger lui aussi, tu m'en laisses !
-Tu veux ma main sur la figure ? Sale gamine ?
-Essaie un peu ! vieux tas ! »

Intervention des vigiles ; les deux protagonistes, une quinquagénaire bien charpentée et, qui pourrait être sa fille, une jeune adulte svelte et d'allure sportive, sont fermement et non sans se débattre conduites au bureau.
L'une faisant le poids, genre catcheuse, l'autre pouvant esquiver tout en frappant, genre boxeuse, le combat pourrait durer longtemps ; pas question de les relâcher comme ça, ni de continuer à les immobiliser, et de supporter leurs cris, menaces, et c'est qu'on les entend, dans le magasin.
« Lâche-moi, espèce de gorille !
-Vous n'avez pas le droit de nous garder , vous n'êtes pas flics !
-Vous voulez qu'on les appelle, les flics ? »
Concertation entre les vigiles : il n' y a pas eu d'infraction, ils ont pu intervenir avant que ne soient échangés les premiers coups, la vidéo les montre s'empoignant par les vêtements, par le col. Les voleurs peuvent être remis à la Police, les agresseurs, aussi, mais il ne s'est ici d'une certaine façon « rien passé ».
« Je veux rentrer chez moi ! Tu vas voir mon mari, ce qu'il va te mettre !
- Nous pouvons l'appeler : si il venait nous débarrasser d'une de ces deux furies, qu'en penses-tu, collègue ?
-Assurément... son numéro ? »

Arrivée du mari de la quinquagénaire, tant attendu, les vigiles ne craignant pas ce genre de justicier, son épouse ne le connaissant apparemment pas encore assez.

« Mais qu'a-t-elle donc encore fait ? »

Puis après explication des vigiles, alors que tout en continuant de protester son épouse baisse tout de même d'un ton :

« Ah ? Au rayon animalerie ? Nous pouvons y retourner ensemble ? Messieurs les vigiles ? et cette autre dame ? On y vend bien des martinets ? En plus des croquettes ? Et il n' y a pas pénurie de martinets ?
-Vous voulez en acheter un ?
-Je le garderai en souvenir, je passerai à la caisse après la correction que va recevoir Madame.
-Correction ?
-Chéri, non, s'il te plaît…
-Eh, tu aimes bien, ne dis pas le contraire, et tu es assez souvent à mater des vidéos de fessées au martinet, sans même penser à effacer l'historique. Tu vas être servie!"

Voilà qui amuse un des vigiles.

« Je vais vous chercher un martinet, surveillez bien Madame avec mon collègue.
-Non, correction sur place ! au rayon animalerie ! sur le lieu même de ce comportement inadmissible !
-Oh oh, un coup d' œil à la vidéo, bon, plus grand monde, et pas d'enfants, pas de jeunes mineurs, c'est bon...on y va ? On passe par la caisse centrale pour l'annonce au micro, ma collègue va certainement être d'accord. »

Et peu après :

« Une démonstration de martinet au rayon animalerie ! Démonstration de martinet au rayon animalerie ! »

Le cortège se dirige vers les lieux où cette bagarre a failli éclater : la quinquagénaire promise à la fessée au martinet, son mari, l'autre, la jeune qui était elle aussi prête à en découdre, et les deux vigiles.
Quelques curieux ont commencé à se rassembler devant les croquettes et les martinets, et il en arrive d'autres le temps que le mari place sa femme dans un coin, lui fasse tourner le dos et se pencher en avant, mains aux genoux ; on ne voit plus son regard résigné.

Et petit discours moralisateur et qui complète l'annonce faite au micro :

« Madame était prête à faire la razzia sur les croquettes ? à se battre pour tout avoir ? Madame va recevoir la fessée ! et au martinet ! Madame va baisser son pantalon ! »

Gros soupir de la condamnée qui s'exécute sans conviction, se redresse, dégrafe, et fait glisser son jean jusqu'aux genoux, et attend, inquiète, d'en savoir plus sur les modalités de ...l'exécution !
Le mari s'approche d'elle et lui ordonne de reprendre la position ; et sans la descendre il s'empare de la culotte, tire les élastiques du bas...vers le haut ! Le pli des fesses est bien dégagé, mais une certaine pudeur est conservée.

L'autre bagarreuse, maintenue par un vigile, semble aux anges.

Le mari va décrocher un martinet et les lanières entrent en danse, sur le haut des larges cuisses, sur le bas des fesses. Coups secs et espacés, et chacun arrache une sorte de hoquet à la punie ; suffisamment ridicule devant cette dizaine de clients rassemblés et sa rivale aux croquettes, elle se contient du mieux qu'elle le peut de pleurer.
Mais elle finit par craquer :
« Chéri, non, s'il te plaît, arrête, je ne ferai plus.
-Arrête, arrête, y a pas d'arêtes dans le bifteck ! « 

C'est l'autre qui croit bon de triompher ainsi ! Reprenant à son compte la bonne vieille réplique de cour de récréation ! Et qui jette des regards complices au mari fesseur !

« Dis donc, la gamine, tu te crois obligée d'en remettre une couche ? Tu ne crois pas que tu ferais mieux de te faire oublier ?
-J'aimerais tant que tu ne m'oublies pas, beau brun !
-Viens un peu ici ! « 

Le vigile la lâche et voilà qu'elle s'approche d'elle-même du coin fessée, provocante.

L'autre a à peine remonté son pantalon qu'elle commence à dégrafer le sien !

« Tu vas pouvoir être jalouse ! mégère ! Et ce ne sera pas une histoire de croquettes ! »

Si son string cache ses parties intimes quand elle se met en position, ses fesses bien galbées font l'admiration du public.

Le mari, ne pouvant cacher son trouble, y va moins énergiquement qu'à l'encontre de son épouse, laquelle se met...à pleurer ! Tout à la fois surprise, décontenancée, mais aussi tristement rageuse, le pantalon encore entrouvert !

La jeune pousse des gloussements qui se terminent par un cri qui ne laisse aucun doute sur le plaisir qu'elle a pris, doublé de la satisfaction d'avoir dérobé le temps de cette fessée le mari de l'autre.

« Le magasin ferme ses portes dans trente minutes, nous invitons notre aimable clientèle à se diriger vers les caisses ».

« Chérie, réajuste-toi, nous allons rentrer, nous allons passer à la caisse, et prenons ce martinet et au passage de la crème apaisante.
-Tu m'aimes ?
-Mais oui…
-Mais elle ?
-Bien sûr que non !
-Elle t'as tout de même bien excité ?
-Mais qui va bien en profiter à la maison ? Allez hop, on se dépêche. On dit au revoir aux vigiles, et n'oublie pas de prendre aussi des croquettes, tu étais venue pour ça. »

Et ces deux dames, feignant de s'ignorer, prennent chacune un paquet de cette animale nourriture : et un seul !

Puis elles continuent chacune de leur côté et en se dépêchant à finir de vaquer à leurs courses, l'une avec son mari, l'autre tout en téléphonant, l'air dépité,désemparé, se sentant certainement seule, tout d'un coup.
Mais voilà qu'elle retrouve le couple à la sortie du magasin :

"Monsieur ? Madame? Ça vous dirait de venir boire un verre chez moi ? et chez ma colocataire ?
-Sans rancune ?
-Aucune !
-Alors suivez-moi !"